
Né à Liège le 16 juillet 1858, Eugène Ysaye a débuté le violon avec son père, avant de compléter sa formation auprès des grands maîtres Rodolphe Massart, Henri Vieuxtemps et Henryk Wieniawski.
En 1878, il est engagé dans l’orchestre du Konzerthauz de Berlin et commence à se produire dans le grand répertoire concertant. C’est à ce moment aussi qu’il rencontre le grand violoniste austro-hongrois Joseph Joachim et la pianiste Clara Schumann.
En 1883, il quitte Berlin pour Paris, où il devient proche de compositeurs tels que Camille Saint-Saens, Gabriel Fauré, César Franck, Vincent d’Indy et Ernest Chausson. En 1886, il devient professeur au Conservatoire Royal de Musique de Bruxelles ; c’est aussi l’année de son mariage avec Louise Bourdau.
A partir de 1888, il assure à Bruxelles la direction musicale des concerts du Cercle des XX (plus tard rebaptisé La Libre Esthétique) et s’y produit à de nombreuses reprises (entre-autres avec son Quatuor Ysaye, avec Mathieu Crickboom violon II, Léon Van Hout alto et Joseph Jacob violoncelle). C’est encore l’occasion pour lui de croiser le chemin d’autres compositeurs importants, dont Guillaume Lekeu (belge) et Claude Debussy.
En 1894 a lieu sa première tournée aux États-Unis, où il remporte un vif succès. De retour à Bruxelles, il fonde les Concerts Ysaye ; il y fait brillamment ses premiers pas de chef d’orchestre. En 1896, sa rencontre avec le pianiste Raoul Pugno sera déterminante : ensemble, ils formeront un duo dont la renommée ne sera vite plus à faire. D’autres contacts avec des interprètes réputés émailleront également ces années-là (Serge Rachmaninov, Pablo Casals, Fritz Kreisler, Feruccio Busoni,…).
En 1908, il devient le professeur de violon de la Reine Élisabeth de Belgique et en 1912, Maître de Chapelle du Roi. Au début de la guerre, il s’installe à Londres et donne des concerts pour les réfugiés belges mais, très vite, revient à La Panne pour jouer sur le front.
En 1918, il s’installe pour quatre années à Fort-Thomas et accepte le poste de directeur musical de l’orchestre de Cincinnati. De retour en Belgique, il reprend ses activités d’avant-guerre et compose en 1923 son chef d’œuvre, les Six Sonates pour violon seul op. 27 (imposées à tour de rôle lors de la session violon du Concours Musical International Reine Élisabeth).
La fin de sa vie est essentiellement consacrée à ses activités pédagogiques. Après le décès de Louise en 1924, il épouse Jeannette Dincin (1927 - l’une de ses jeunes élèves), mais la fin de sa vie est minée par la maladie. Il trouve cependant la force d’achever son opéra (écrit en wallon) Piére li Houyeu (”Pierre le mineur”).
Le 12 mai 1931 s’achève, avec son décès, l’une des plus belles pages du violon belge. Il aura droit à des funérailles nationales et sera inhumé au cimetière d’Ixelles.
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La sonate de César Franck
Offerte le 28 septembre 1886 à Eugène Ysaye en cadeau de mariage, elle sera créée officiellement le 16 décembre 1886 au Cercle Artistique (Bruxelles). Ysaye y est accompagné par Marie Léontine Bordes-Pène.
Extrait sonore : premier mouvement
Yehudi Menuhin (violon) - Hepzibah Menuhin (piano)
Plus d’infos
ysaye.kbr.be - site réalisé d’après les archives de la Bibliothèque Royale de Belgique