Je ne comprends pas
Dans la nuit du 29-30 août 2006, deux sauvages massacraient Benjamin Rawitz, ce merveilleux pianiste au coeur d’or. Un meurtre d’une violence incroyable (la victime ayant été tabassée à mort, son visage ayant été rendu méconnaissable)…
Voici le rappel des faits : dhnet.be/infos et dhnet.be/infos
Je ne comprends pas pourquoi… ce tragique épisode, considéré sans doute comme un simple “fait-divers”, ne justifiait pas un enfermement et un encadrement adapté des auteurs des faits ?
Placé dans une IPPJ, puisqu’il était mineur lors du meurtre de Beny (où en est l’enquête d’aileurs? quel jugement a été rendu dans cette “affaire” ?), l’un des tueurs bénéficie de sorties non encadrées trois ans plus tard ! (quid de son complice, je n’en sais rien)
Quand on pense à la sauvagerie du meurtre de B.Rawitz, comment peut-on affirmer que ce jeune puisse être “guéri” trois ans plus tard et le relâcher dans nos rues ?
Le résultat (il y a gros à parier…) à ce jour : le tueur a de nouveau frappé, trois victimes supplémentaires, à savoir son ex-copine, sa fille et la grand-mère…
www.rtlinfo.be/info
Je ne comprends pas…
Qui a diagnostiqué ce jeune comme totalement guéri et inoffensif ?
(Quant à la question de savoir s’il a été suffisamment puni pour son acte crapuleux …)
Qui a autorisé sa sortie, sans aucune surveillance (dans le cadre d’un projet pédagogique?) ?
“Les psychologues, les éducateurs et le juge de la jeunesse avaient donné leur autorisation à cette sortie destinée à retisser les liens familiaux”. rtlinfo.be/info
Mais on lit plus loin que “Seule une IPPJ peut accorder une autorisation de sortie dans le cadre du projet pédagogique du mineur. Le juge de la Jeunesse ne peut intervenir dans cette décision“, a expliqué la substitut du procureur du Roi Estelle Arpigny, porte-parole au parquet. rtlinfo.be/info
A moins que tout cela ne soit qu’un amalgame de fausses informations divulguées par les médias (RTBF, Judaïca, Le soir, RTL, etc.) ?
Pour apaiser les esprits, voici quelques extraits sonores (Benjamin Rawitz, piano - Janos Mate, violon), disponibles ici : www.plattenladen.com/product_info.php
Merci Beny pour tout ce que tu as transmis, musicalement et humainement, à bon nombre d’entre nous, diamétralement à l’opposé de ceux qui t’ont enlevé la vie, vraiment sans cœur, dépourvu de toute humanité.
23 septembre 2009 à 2:21
J’ignorais qu’il s’agissait de Benjamin Ravitz quand les médias parlaient du premier meurtre de ce jeune! Magnifique pianiste au jeu acéré et précis, mais imaginatif et délicat.
Un psychopathe restera toujours un psychopathe, et ni le jeune âge de l’auteur des faits, ni 3 ou même 50 ans d’enfermement, en prison ou dans un centre quel qu’il soit y changeront quelque chose.
Non seulement les responsables de cette IPPJ doivent se remettre en question, au besoin par quelques démissions, mais surtout, le système doit être revu de fond en comble. Il est notamment ahurissant qu’un juge de la jeunesse ne puisse intervenir dans des décisions aussi importantes concernant un tel délinquant!
De toute façon, juge ou pas, et en déviant un peu du sujet, comment encore croire à la justice de ce pays où les violeurs d’enfants en prennent pour 5 ans seulement, alors que le faux-monnayeur doit en tirer 3 fois plus (cas véridiques)! La justice, en Belgique (et ailleurs), est avant tout là pour protéger l’Etat, pas le citoyen!
23 septembre 2009 à 8:33
Le bénéfice du doute…
Le mot convient bien “bénéfice”, car quand on connaît la sauvagerie de cet assassinat, on peut aisément comprendre quel bénéfice un jeune tire en “subissant” comme punition une libération chaque week-end après deux mois d’incarcération en IPPJ
http://www.rtlinfo.be/info/belgique/faits_divers/273328/woluwe–junior-etait-un-ange-
Il y a beaucoup de questions qui me semblent assez incohérentes dans notre système judiciaire… Par exemple, l’émancipation !
“Si tu es émancipé sur décision du tribunal de la jeunesse, tu es assimilé à une personne majeure. Ceci concerne essentiellement ce qu’on appelle « les droits civils ». Tu n’es, notamment, plus soumis à l’autorité parentale. Cependant, si tu commets une infraction, tu seras toujours considéré comme mineur et renvoyé devant le tribunal de la jeunesse.” (http://www.bruxelles-j.be)
23 septembre 2009 à 14:59
“Vous hurlez avec les loups” selon l’Edito de la Libre de ce jour.
Le Loup n’est donc pas celui qui appartenait aux Black Wolves…
23 septembre 2009 à 19:31
Mes braves amis,
c’est dans les urnes qu’il faut parler…
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(c’est tout ce qu’on peut faire d’ailleurs, et c’est, j’en conviens, pas grand-chose)…
23 septembre 2009 à 22:46
Franchement, PDC, tu crois vraiment que les urnes peuvent changer quoi que ce soit? Moi, cela fait longtemps que je n’y crois plus, en tout cas avec le système qui est le nôtre et les partis actuellement existant.
24 septembre 2009 à 12:38
Personnellement, je n’ai pas la même approche que vous. Pour moi, il ne s’agit pas d’un problème politique, mais ce “fait-divers” (comme il apparaît dans les médias) remet plutôt en cause la “psychiatrie”, discipline érigée en science exacte, quasi en religion, avec des principes et des certitudes qui finalement régissent notre justice (l’expert psychiatre a un pouvoir décisif dans les décisions de justice). Ici, on voit même qu’il est impossible à la psychiatrie (du moins à ceux qui devraient être ses plus éminents spécialistes, puisque amenés à traiter les cas les plus complexes de notre société) de détecter la dangerosité d’un individu, de lui offrir des clés permettant de ne pas passer à l’acte…
Ces spécialistes, ayant pouvoir décisionnel quant à la sanction/réinsertion d’un justiciable, sont pour moi comme les créationnistes, détenteurs d’une vérité inébranlable qui ne peut être remise en cause. Ils n’ont pas fauté, c’est pour eux l’un des cas qui n’a pas fonctionné !!! Reste pour moi incroyablement accablant, pour une discipline aussi “scientifique”, d’avoir à disposition un jeune pendant 18 mois et d’avoir comme résultat d’un travail de toute une équipe “pédagogique” au terme de 18 mois d’un “projet pédagogique” un “échec” aboutissant à un carnage horrible : tentative de triple meurtre… Non, je ne suis pas d’accord, toute personne n’est pas réintégrable : autant celui qui revient de la guerre en Irak, que celui dont toute la famille a été égorgée au Kivu, que, que, que, que celui qui a massacré B. Rawitz, pour lui voler sa voiture. Certains événements sont indélébiles.
25 septembre 2009 à 9:32
Je suis tout-à-fait d’accord avec toi, Eli. La médecine n’est pas une science exacte;…alors la psychiatrie!
Mais toute approche de ce type de problème humain est et reste “politique”, en ce sens que:
a)ça concerne la société toute entière;
b)justice, réinsertion d’ex-détenus, hygiène publique et sécurité publique, etc. restent des champs dans lesquels les choix sont dans les mains du monde politique élu. Choisir telle ou telle approche, basée sur telle ou telle conviction, est du ressort des décideurs, toujours. Si on laisse des “experts” occuper le rôle que tu décris fort bien, c’est que les décideurs le veulent ainsi, ou le laissent faire ainsi.
Or les décideurs sont des élus. C’est pour ça que je disais : “dans les urnes”, en précisant “même si ça ne sert pas à grand-chose”, concrètement je veux dire.
Croire, comme tu le dis, que toute personne n’est pas réintégrable est une option de départ ; si le décideur n’a pas cette même option de départ il arrivera à des conclusions nécessairement différentes. Donc il faut savoir ce que pense ou ce que souhaite le décideur politique (ou son parti) sur ces grands enjeux de société. Car, que faire d’autre?
…Loin de moi l’idée de “politiser” les échanges sur ce blog!!!
25 septembre 2009 à 14:22
D’accord avec toi PDC. Les décideurs sont avant tout responsables des décisions de structures, du fonctionnement et des types d’encadrement de ce genre de cas. Mais il est clair que le personnel médical a failli lui aussi. Comme le dit Eli, si les psy et éducateurs considèrent que c’est un cas isolé, une exception qui confirme la règle du succès, c’est dramatique, car on ne peut se satisfaire d’une réponse pareille face à une chose aussi horrible, face à un échec aussi grave, après tout ce temps de travail.
Ceci dit, Eli, tu as l’air de dire (ou je t’ai mal comprise) que toute personne qui subit un très grave traumatisme ne pourra jamais réussir son insertion. C’est aller un peu vite en besogne. Le cas qui nous occupe est différent, car ici, on a manifestement affaire à un psychopathe, qui lui, n’a aucune chance, à mon avis, de vivre une vie normale en société. A moins qu’il ait été un enfant-soldat, comme certains le suggèrent, et que sa perception des choses ait basculé…
Entre parenthèses, le gamin n’a pas encore été jugé pour le meurtre de B. Rawitz, il vient seulement d’être inculpé, et jusqu’ici, n’était que suspect.
Peut-être que les psy ont donc considéré qu’il n’était qu’un délinquant sans plus, et ont agi en conséquence… avec celles que l’on sait…
25 septembre 2009 à 19:40
Effectivement concernant le meurtre de B.Rawitz, il n’est pas passé devant le juge de la jeunesse. Et, c’est là un scandale de plus. Car si le juge de la jeunesse se désiste (comme le demande le parquet), ce jeune aurait dû attendre son procès en prison. Pas de petite amie, pas de bébé, pas de viol de la grand-mère et pas de meurtres. Deux ministres doivent démissionner: celui de la justice (pour la lenteur des procédures) et celui de la protection de la jeunesse (ne sachant pas la décision du tribunal).
26 septembre 2009 à 12:22
Oui, le manque de communication et d’efficacité au sein de la Justice et des ministères est ahurissant! République bananière en plein milieu de l’Europe!
2 octobre 2009 à 8:45
IPPJ = club med ? C’est ce que laisse entendre cet autre mineur, en “interruption de peine” (en attente d’un bracelet électronique)
…
http://www.rtlinfo.be/info/belgique/faits_divers/275631/aubin-libre-apres-le-meurtre-du-boulanger-de-jamioulx–l-ippj-c-est-le-club-med-!-
3 octobre 2009 à 1:19
J’ai en effet lu cette info quelque part.
1 décembre 2009 à 16:24
Pour moi, c’est surtout une question de psychiatre… Le psychiatre suit véritablement le patient au jour le jour, en effet c’est ce spécialiste qui connaît le mieux le patient.
Dans les institutions psychiatriques, il y a également des accompagnements de psychologues, qui ont un pouvoir décisionnel assez dérisoire.
De plus, le jeune qui voudra se défendre sera devant trois personnes : son avocat, le psychiatre ainsi que le juge (sensé faire la part des choses)
Par rapport à tout ce qui a été dit, je tiens à rajouter qu’il y a des problèmes dans les deux sens, une personne tout à fait saine d’esprit peut croupir derrière un mur car l’avis du psychiatre ne lui est pas favorable !
« Ces spécialistes, ayant pouvoir décisionnel quant à la sanction/réinsertion d’un justiciable, sont pour moi comme les créationnistes, détenteurs d’une vérité inébranlable qui ne peut être remise en cause. »
–>Bien d’accord avec toi !…. Heureusement qu’on a des avocats…
« Non, je ne suis pas d’accord, toute personne n’est pas réintégrable (…) »
–>C’est très délicat, dans les institutions psychiatriques on retrouve des pervers sexuels, des hystériques, des dépressifs, des soulards en dégrisement ; surtout des gens qui ont besoin d’aide !
On ne peut pas tous les laisser derrière 4 murs à perpétuité (c’est terrible l’enfermement), il faut un peut de souplesse quand même (par ailleurs les seules remèdes trouvés actuelement sont les médicaments…).
Pour terminer, je dirais qu’il faut une étude de cas, qui visiblement a été très mal faîte dans le cas de ce jeune (qui apparemment a été placé en IPPJ au lieu d’un centre psychiatrique).