Ce mercredi soir, 16 juin 2009, avait lieu le Concert de Clôture du Concours Musical International Reine Elisabeth 2009 (session violon, pour ceux qui n’ont vraiment rien suivi). Sous la baguette de Jaap van Zweden, deFilharmonie a accompagné les trois premiers lauréats dans leur dernier tour d’honneur : Ray CHEN, Lorenzo GATTO et Ilian GÂRNET.
La soirée est inaugurée par une Brabançonne très solennelle, signe que notre souverain a honoré cette séance de clôture de sa présence et son soutien aux artistes est chaleureusement applaudi par l’assemblée.
Ensuite, pour mettre le public en oreilles, nous avons entendu de Pyotr TCHAIKOVSKY le Capriccio italien op. 45, et ce fut avec plaisir, que nous pûmes apprécier la toute grande qualité de l’orchestre, deFilharmonie, dont le jeu d’ensemble, la justesse et la beauté de timbre firent mouche. Voilà donc une belle soirée en perspective.
L’arrivée d’Ilian Gârnet et son sublime Concerto n. 1 en la mineur op. 77 (99) de Dmitry SHOSTAKOVICH fut d’une telle expressivité, émotion totale, investissement complet d’un musicien dont la puissance sonore et la palette des couleurs (son et vibrato) ne put que toucher tout un chacun, du premier rang à ceux qui dussent se contenter d’une place bon marché au second balcon. Un artiste exceptionnel, qui mérite très largement sa troisième place au Concours. Le cri collectif d’enthousiasme qui salua sa prestation, ainsi que les applaudissement nourris du public, semblèrent toucher Ilian Gârnet, visiblement très heureux d’être là. Merci, merci, quel magnifique moment de musique.
Vint ensuite le Concerto n. 3 en si mineur op. 61 de Camille SAINT-SAËNS, seul concerto dont la postérité semble vouloir se souvenir. On put y entendre notre compatriote Lorenzo Gatto, proposant une version brillante, extérieure et virtuose.
Enfin, la soirée se termina en beauté avec le très célèbre Concerto n. 2 en mi mineur op. 64 de Felix MENDELSSOHN, pour moi l’une des plus belles œuvres de ce compositeur. Ray CHEN nous en proposa une version superbe, quel beau son (certes moins puissant, mais tellement plus raffiné), la fiabilité technique fut au rendez-vous malgré l’heure tardive et le jeu du violoniste afficha une solidité inébranlable tout en restant extrêmement spontané. Il a certainement déjà joué ce concerto bien des fois, vu son aisance sur scène et le dialogue instauré avec l’orchestre. Peu client des salves d’applaudissement, c’est avec beaucoup d’humilité qu’il revint sur scène en compagnie des deux autres lauréats, sans violon. Dommage, n’auraient-ils pas pu nous offrir un petit cadeau de fin de soirée, à trois violons ? On aurait été tellement heureux de les voir autrement qu’en solistes accomplis.
Quelques réflexions en passant
1. Il est intéressant de noter qu’il est possible de remplir à craquer la Salle Henri Le Boeuf du Palais des Beaux-Arts un mardi (jour de semaine) 16 juin (pleine période d’examens scolaires). Comment faut-il s’y prendre ? Ce n’est en tous cas pas une question d’argent, vu que le prix des places va de 19 € (catégorie IV) à 85 € (catégorie I), en passant par 64 € (catégorie II) et 42 € (catégorie III). Pour ma part, j’ai acheté une place rose à 12 €, mauvaise place en principe derrière une colonne, mais je crois qu’on avait abbattu la colonne cette nuit, parce que finalement, j’étais très bien positionnée ! (je garde le numéro de ma place du jour secret !!!)
2. Malgré la beauté du concert, la chaleur tropicale de la salle (?) a poussé certains auditeurs peu courtois à s’enfuir avant la fin des applaudissements (et donc avant la sortie du roi). Pourtant, les vestiaires sont très bien organisés, et la file n’y est vraiment pas conséquente. Dans le même genre, les chauffeurs très bien attentionnés, attendant leur épouse au pied du Bozar ont été priés par les policiers en faction de ne pas gêner la circulation et donc de ne pas obstruer complètement la voie publique.
3. En descendant la galerie du Ravenstein vers la station de métro (gare centrale), on croise de pauvres gens allongés à même le sol, couvert d’une simple couverture, et la tête dans une boîte en carton. N’est-on pas en droit de se demander dans quel monde on vit : d’un côté des gens qui viennent en famille écouter de la belle musique à un prix tout de même exagéré et de l’autre, des gens qui n’ont guère de toit sur leur tête.
4. La musique classique diffusée comme ambiance positive par la STIB n’est pas vraiment la bienvenue en cette fin de soirée : après un si beau moment musical, on aurait tellement voulu rester sur les jolies notes de nature acoustique issues du violon de Ray Chen.