Vadim Repin, un violoniste prodige
On me demande souvent quel est mon violoniste préféré. Pas évident de donner une seule réponse.
Enfant je répondais Arthur Grumiaux, un belge bien sûr (quoique j’aimais aussi beaucoup Lola Bobesco).
L’un des violonistes que j’ai découvert en 1989, cela fait donc tout juste 20 ans (j’étais toute jeune à l’époque!), et qui ne m’a jamais déçue depuis, c’est bien lui, Vadim Repin. J’avais eu l’occasion de l’écouter, en compagnie de mon professeur d’académie, Didier Nowé, dans la Grande Salle du Conservatoire Royal de Bruxelles alors que le prodige russe présentait les épreuves du Concours Reine Elisabeth, concours dont il ressortit vainqueur sans aucune contestation possible, à l’âge de 17 ans !!!
Tous se demandaient comment son professeur, Zakhar Bron, avait procédé pour façonner un tel miracle. La vidéo ci-dessous (de piètre qualité, soviétique diront certains) permet d’approcher le type d’expériences musicales qui ont forgé le musicien et les méthodes pédagogiques qui l’ont mené à ce niveau éblouissant.
Le violoniste Vadim Repin dans sa douxième année…
Le Vadim Repin d’aujourd’hui, 38 ans qui s’attaque à un monstre du violon,
le Concerto de Brahms, enregistré pour le label Deutche Grammophone
Un beau disque en perspective (pas encore dans ma discothèque…)
23 mai 2009 à 22:22
Hé oui, la pédagogie russe: à la dure! Chez nous, ce genre de méthode ne passerait pas. Et pourtant, sans aller jusque là, nous aurions bien besoin d’un peu plus de discipline dans nos académies et surtout conservatoires! Mais avec l’esprit ambiant, c’est un voeu malheureusement pieux…
V. Répin: un des plus prodigieux musiciens de notre temps…
J’ai peine à reconnaître Z. Bron sur cette vidéo. Mais c’était il y a plus de 25 ans… Il a beaucoup vieilli.
Je ne l’avais jamais entendu. J’aime beaucoup son jeu et sa sonorité chaude et ample.
24 mai 2009 à 10:56
Z.Bron est un violoniste magnifique, qui malheureusement en raison d’un trou de mémoire lors de la finale du Concours Reine Elisabeth s’est classé douzième, ce qui ne fut pas vraiment du goût du régime soviétique. Il ne se produit plus en concert, mais on peut l’entendre lors de master-classes, par exemple cet été, fin août aux Rencontres Musicales d’Enghien. En effet, comme on peut le voir sur cette vidéo, il joue beaucoup et est un exemple superbe à suivre pour tous ses élèves.
Personnellement, c’est pour moi un modèle en matière de pédagogie, quelqu’un qui enseigne magistralement le violon, et ce, simplement par passion, sans que le temps n’aie de prise sur cet amour de la musique et cette générosité dans le partage des savoir-faire (il a passé soixante ans)…
24 mai 2009 à 12:19
Ne me dis pas qu’il est aussi dur avec ses élèves actuellement que sur cette vidéo? Il est quand-même plus calme maintenant, non?
24 mai 2009 à 12:39
Z. Bron ne supporte pas les fausses notes, les élèves prétentieux, et est capable de faire recommencer chaque phrase 200 fois s’il le faut, jusqu’à ce que ce soit suffisamment bien. Il n’est pas aussi dur qu’avec Vadim, mais l’exigence dépend de l’élève, et là-dessus je le rejoins : lorsqu’un élève développe des qualités exceptionnelles et fournit un travail sérieux, le professeur se doit de toujours en demander plus et montrer la voie vers cette satanée perfection. C’est sûr qu’il y va un peu fort ici, irrité par les deux demi-fausses notes de Vadim Repin… Mais il faut reconnaître que, s’il est très dur en cours, Bron a aussi un côté chaleureux en dehors et le contact passe très bien avec les plus jeunes.
Ce que je trouve formidable est que ce genre de professeur pourrait se contenter de travailler avec la crème des étudiants en violon, mais non, il n’hésite pas à enseigner aussi (exceptionnellement tout de même) à de jeunes enfants talentueux et travailleurs des méthodes de travail éprouvées, il transmet cet amour de la musique mais aussi la discipline et rigueur qu’elle requiert.
25 mai 2009 à 1:05
Oui, il a l’exigence des grands, et ira donc au bout des possibilités de l’étudiant. Il a évidemment raison…
25 mai 2009 à 13:21
Professeur et élève sont devenus amis.
25 mai 2009 à 13:23
Professeur et élève sont devenus amis
26 mai 2009 à 23:19
La rencontre d’un grand et d’un ex-futur grand qui est en osmose avec le premier… Pas étonnant que cela débouche sur une amitié.
28 mai 2009 à 22:36
[…] de Brahms (beauté d’un son Stradivarius aussi). J’espère qu’il aura plu à Vadim Repin, qui vient de l’enregistrer. La transition entre le second et le troisième mouvement était […]