Schott Frères Bruxelles liquide…

29 janvier 2009 par Eli

Il fallait se lever tôt ce matin !
Le magasin de partitions MUSIC & INSTRUMENTS DISTRIBUTION-SCHOTT Frères EDITIONS, situé Rue Ravenstein 26-28 à Bruxelles, tombé en faillite récemment, se sépare de tout son stock de partitions. De grandes poubelles bleues font le va-et-vient entre les rayonnages à partitions et un container destiné à être jeté. Face à ce révoltant gâchis, une poignée d’étudiants du conservatoire, professeurs ou musiciens d’orchestre se sont réunis ce matin dès 7h pour sauver ce qui pouvait encore l’être… Crickboom à tous vents, mais aussi sonates de Bach, d’Ysaye, méthodes diverses en quantité démultipliée. La devise : vider tout, plus vite que les “hommes du container” et redistribuer plus tard (amis, assos, académies, écoles de musique, music fund, etc.)
Au départ, on se sent un peu comme des charognards, profitant d’une aubaine inespérée, mais au fil des minutes, on se met à la tâche, chacun lançant “du violon par ici”  ou “les Inventions de Bach”. Car dans les caves, on ne peut pas dire que le rangement soit des plus structuré ! Enfin, au bout d’une bonne heure de recherches, entassant au passage un peu de tout, les cartons, sacs, valises se sont remplis à craquer.
Mais malgré tous nos efforts, ce ne sera qu’une infime partie du stock qui sera sauvée de la voracité de la poubelle…

La maison belge Schott Frères, fondée en 1888 à Bruxelles par Otto Junne, a attendu près d’un siècle avant de s’implanter en France, à Vincennes, pour distribuer en premier lieu ses catalogues, ainsi que quelques éditions classiques anglaises et allemandes (comme Peters, Henle ou Bosworth).

Si trois générations se sont attachées, depuis sa création, au développement de ce label, aucune n’a dérogé à la définition même de la maison, qui s’était fixé comme raison d’être l’édition musicale classique et I’enseignement. C’est pourquoi Jean-Jacques Junne, I’actuel directeur, en héritant il y a vingt ans des éditions de son grand-père, peut mesurer aujourd’hui encore les fruits des efforts que ses parents avaient placés avant lui dans cette entreprise. Méthodes, recueils, morceaux pour tous niveaux et albums pour violon et piano poursuivent ainsi des carrières débutées parfois iI y a fort longtemps, comme I’indémodable et fameuse Méthode Hanon, intitulée Le Pianiste Virtuose, dont les ventes n’ont jamais subi le moindre fléchissement.

Les Editions Musicales Schott-Frères sont en outre propriétaires des Sonates pour violon seul d’Eugène Ysaye, I’un des fleurons de leur catalogue tout entier tourné vers la pratique instrumentale. Une orientation dont avait été délibérément démarqué le label Zéphyr, créé il y a trente ans pour explorer, notamment, la musique populaire et la chanson. Mais l’étude et la pratique instrumentales sont également revenues au premier plan pour Zéphyr.

A coté des solfèges, des ouvrages de théorie et des méthodes, les collections de pièces classiques permettent à ce label de se distinguer par d’intéressantes réalisations, telles que la récente résurrection de trois Concertos pour flûte de Johann Joachim Quantz.

Source : di-arrezzo

 

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4 commentaires

  1. Par Lel

    Triste fin pour la célèbre maison qui a fêté ses 120 ans il y a peu…
    Ce scandaleux gaspillage de partitions aurait pu en partie être évité si les responsables avaient pris les devants. Au lieu de téléphoner aux académies la veille seulement du jour où tout était emporté pour destruction…

  2. Par PDC

    Très triste, en effet.
    Comment expliquer qu’une Maison comme celle-là en soit arrivée là? Mauvaise gestion? Manque de renouvellement du catalogue? Ou bien, victime du piratage (photocopies!)? victime d’internet (sites de partitions gratuites… / commandes de partitions “on line”, ce qui dispense de se déplacer à la librairie musicale…)?
    Rayon nostalgie, je me souviens surtout du magasin d’”avant”, celui la Rue Saint-Jean, avec son parquet craquant et sentant bon l’encaustique, les tiroirs, armoires et étagères, l’espace-caisse (comme on dirait aujourd’hui) tout en bois, sur une estrade, avec la vénérable et immense caisse-enregistreuse argentée…
    Rien que pour ça, même si on n’avait rien de précis à acheter ou à commander, on poussait la porte!
    Il ne nous reste plus désormais que des souvenirs.

  3. Par Lel

    Oui, je me souviens du charme de l’ancien magasin, sauf son insupportable patron…
    Un peu sinistre quand-même du fait du manque de lumière…
    La faillite l’an passé (ou il y a 2 ans?) de l’importateur MID, géré avec (ou par?) la maison Schott, peut laisser penser qu’il s’agirait d’un problème de gestion, mais il est clair qu’internet ne doit pas lui avoir fait du bien…

  4. Par julie

    Bonjour,
    Pouvez-vous me donner plus de détails en ce qui concerne cet ignoble gâchis?
    Pouvez-vous me dire qui vous a prévenu que le stock allait être jeté aux immondices?
    Merci de bien vouloir me répondre

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