Un joli concerto pour la Nuit de Noël

24 décembre 2008 par Eli

Le Concerto grosso en sol mineur op.6 no.8 d’Arcangelo Corelli, Concerto pour la nuit de Noël, a été commandé par le cardinal Pietro Ottoboni. C’est l’un des Douze Concerti Grossi op.6, publiés en 1714, après la mort du compositeur.  Ce concerto en sol mineur porte les mentions “Fatto per la notte di Natale” (fait pour la nuit de Noël).

Composé vers 1680 ( Georg Muffat en aurait entendu des extraits dès 1681), ce concerto oppose un groupe de trois solistes, le concertino, composé de deux violons et un violoncelle, au reste de l’orchestre, appelé Concerto grosso ou Ripieno.

Arcangelo Corelli (1653-1713) - Concerto per la notte di Natale
(Concerto Grosso en sol mineur Op. 6 n°8)
Europa Galante - Fabio Biondi, direction

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7 commentaires

  1. Par PDC

    Splendide concerto que celui dit “de la nuit de Noël” de Corelli! Tradition familiale oblige, on l’écoute chez moi chaque année le 24 décembre, depuis ma tendre enfance… mais aussi en dehors de cette date, bien sûr. Et je perpétue la tradition!, je l’écoutais encore hier. C’est dire si je le connais par coeur, et je le trouve toujours aussi beau; les autres concerti grossi du compositeur aussi, d’ailleurs. Personnellement, je trouve Corelli plus plaisant que Vivaldi. Or ce dernier est bien mieux connu du grand public aujourd’hui…
    Toujours dans la même veine, on peut citer deux autres concerti grossi de Noël, portant la mention “fatto per la notte di natale”: celui de Manfredini(1688-1748), en ut majeur op.3 n°12; et celui de Torelli(1658-1709), en sol mineur op.8 n°6, ce dernier en forme de pastorale.
    Dans la foulée, je les ai ré-écoutés aussi : Musiques sereines et bienheureuses, composées par ces maîtres italiens pour être joués à l’église la nuit de Noël. Intéressantes partitions de violon.
    Si j’ai aujourd’hui le concerto de Corelli en cd, je l’ai aussi en 33tours, dans une version fort belle ma foi : celle de H.von Karajan avec le Philharmonique de Berlin, un enregistrement Deutsche Grammophon qui doit dater du début des années 1970.
    Une fort belle version, oui, j’insiste. J’entends déjà d’ici les ayatollahs du baroque hurler ou pouffer de rire… et entre nous: je m’en fous complètement…

  2. Par Lel

    Oui, très belle partition!
    Mais sur cet enregistrement-ci, le son exécrable (prise de son, ou son de youtube?) ne permet pas de rendre le dialogue entre le concertino et le ripieno suffisamment clair et construit. A moins qu’il ne s’agisse d’un problème d’interprétation, mais ça m’étonnerait beaucoup.
    Je serais curieux, en tout cas, d’entendre cette version symphonique par Karajan et le Phliharmonique de Berlin… Ce doit être très différent, peut-être plus lourd, non? Quelle en est l’instrumentation?

  3. Par PDC

    …Eh bien, honnêtement, et dans mes honnêtes oreilles : non, cher Lel, je trouve que la version de Karajan n’est pas “lourde”. L’instrumentation est celle de l’orchestre à cordes, mais en grand effectif. Je te la ferai entendre. Peut-être est-il assez incroyable (disons que de nos jours on n’arrive plus à le croire, par principe), d’éviter une lourdeur vu l’effectif de l’Orchestre Philharmonique de Berlin; et pourtant, rien de ça : ni tempo granitique ni son pâteux. L’orchestre et/ou Karajan n’en est/sont que plus méritants. A l’époque (1970,1972 ? ), il y avait moyen d’être un orchestre pleinement polyvalent, sans faute de goût ou d’interprétation…MAIS avec des instruments actuels, un LA à 440 (quelle incongruïté, n’est-ce pas?), et un son splendide. Et dans ce Corelli, pas de tour romantique ni de vibrato (ce qui serait, je dis bien serait, le défaut principal des orchestres “modernes” jouant le répertoire d’avant 1800 - comme on est prié d’en convenir depuis 20 ou 30 ans).
    Je plaide pour un peu de sérieux et d’honnêteté, et pour un peu moins de dogmatisme.
    Autre exemple du même genre : La Messe en Si de J.S.Bach, l’avez-vous entendue dans la version dirigée par Eugen Jochum et l’Orchestre de la Radio Bavaroise (1965)? ici,l’enregistrement existe sur cd (un boîtier de deux cd Philips). Magnifique… jubilatoire et déclamatoire.
    Mais peut-être est-ce moi qui n’ai rien compris, ou dont les oreilles pourrissent…

  4. Par Eli

    Effectivement, le monde se spécialise et s’universalise… Au début du siècle, il était évident que tout violoniste qui se respectait jouait obligatoirement aussi de l’alto, mais de plus, il était tout à fait capable de tenir la partie de violoncelle d’un quatuor à cordes (voir Eugène Ysaye).
    On pouvait aussi reconnaître les orchestres à leur sonorité.
    Aujourd’hui, tout s’uniformise et se cloisonne.
    Ceci dit, je suis tout de même curieuse d’écouter Karajan dans ce répertoire.

  5. Par Lel

    Oui, le drame, c’est qu’avec la “dictature” des baroqueux, les orchestres symphoniques sur instruments actuels ne se risquent plus à jouer le répertoire antérieur au romantique (en dehors de quelques symphonies de Mozart et Haydn)!
    Dramatique!

  6. Par Claude

    Les Baroqueux. N’est-ce pas un peu méprisant ? Pour rien ?

    C’est vrai qu la musique baroque, à cause de son apparente simplicité (harmonie à 4 voix, parfois minimaliste mais plus qu’autrement très eficicae) se transpose faclement à l’orchestre contemporaine. Mais cet enregistrement avec avec luth et continuo (je ne sais pas si c’est conforme à l’original) me donne tout ce que j’espère de ce concerto : la fougue. Moi, j’en ai toujors les larmes aux yeux. Pourtant je connais cette oeuvre depuis plus de 60 ans.
    J’ai peut-être entendue la version Karajan. Ça ne peux pas être mauvais. La musique est parfaite. La question est : a-t-elle vraiment besoin de plus pour s’exprimer ?
    Claude

  7. Par Lel

    Baroqueux n’est qu’un terme argotique qui n’est en rien méprisant de ma part. Je me méfie simplement de beaucoup de ces spécialistes qui ont une sacrée tendance à considérer qu’eux seuls détiennent LA vérité, et tentent de l’imposer à d’autres musiques. Quand j’entends le concerto pour clarinette de Mozart (oeuvre de fin de vie) joué dans le plus pur style baroque, ça me hérisse!
    D’autre part, si l’utilisation d’instruments anciens se justifie dans certains cas, prétendre que la musique en sort grandie grâce à eux me paraît parfois (pas toujours) intellectuellement malhonnête! Toutefois, je reconnais donc qu’une version originale sur instruments d’époque est dans certains cas préférable. Mais c’est très loin d’être systématique, au contraire.

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