Choisir son violon
Voici une annonce trouvée sur internet (Violon - acheter moins cher avec Le Guide.net)
Violon: VIOLON DIMAVERY 4 / 4 Livré dans un étui de protection et de transport, ce violon pour debutant dispose d’une finition de qualité. Livré avec … Disponibilité : 10 jours. En vente sur Pearl Diffusion
La question qui tue : combien coûte-t-il ? 49,90 €
Noooooooooooooooooooooooooooooooooon !
Simplement pour se faire une idée, 49,90 euros, c’est à peu près le prix d’un remèchage de par chez nous (remèchage = changer les crins de l’archet). Il faut forcément qu’il y ait une différence de qualité… Donc dans le cas présent, la mention “finition de qualité” est plutôt trompeuse.
A quoi reconnaît-on une “finition” de qualité lorsque l’on n’a pas un œil expert ?…
Question de bon sens !
Faites donc le compte :
Pour construire un violon, il faut un certain nombre de matériaux (différents bois, vernis, …) et accessoires (cordes, chevilles, chevalet, mentonnière, …). Il faut aussi compter la main d’œuvre (qualifiée ou non) pour assembler et monter l’instrument.
Ensuite, vous avez également un archet livré avec l’instrument (et de nouveau, bois, crins, accessoires et main d’oeuvre).
Enfin, l’étui assurera la protection de l’instrument lorsque celui-ci n’est pas utilisé ou lors de son transport (également matériau, main d’oeuvre).
Et souvent, vous revecez en prime une “colophane“.
Cela coûterait, dans une finition de qualité, la modique somme de 49,90 euros ? Si tel est le cas, nous achetons alors bien cher un “bête” pantalon !
Difficile à croire donc, même en imaginant les pires conditions de travail des ouvriers (car on ne parle pas de “luthier” dans un cas pareil) et le prix du transport, ainsi que la commission du revendeur…
Cela prouve donc qu’il ne s’agit certainement pas d’un instrument de qualité. (et qu’il ne mérite donc pas ses 4 étoiles!)
Pour réflexion, l’économie réalisée lors de l’achat sera donc au détriment de l’instrument, et donc de la motivation de l’utilisateur. Craignant d’acheter un violon “cher” pour un enfant qui risque de se décourager, n’achetez pas un instrument à bas prix, vous allez forcément le décourager (j’ai un certain nombre de ces violons dans ma classe et la différence de sonorité est plus que marquante). N’oubliez pas que les instruments peuvent toujours se revendre d’occasion.
Ci-dessous, un article alarmant, paru dans Le Matin (Suisse). 13/06/2008 BORDEAUX (AFP)
Des violons chinois à 15 euros: les luthiers français appellent à résister
James Wang, homme d’affaires de Chengdu (Chine), essaie un violon dans un magasin à Pékin
“Sur internet, vous trouvez des violons à 15 euros: c’est moins cher qu’un jeu de cordes!”, soupire Gilles Braem, un luthier bordelais qui mise sur l’excellence et la pédagogie pour résister à la concurrence des violons chinois, moins chers et de plus en plus performants.
Devant les violons exposés au Grand-Théâtre de Bordeaux, où se tiendra samedi le Congrès annuel du Groupe des luthiers et archetiers d’art français (Glaaf), l’artisan préfère en sourire: “Avec des violons à 15 euros, ce qui coûte le plus cher, c’est l’abat-jour pour pouvoir le mettre sur sa table de nuit… On ne parle plus de violon mais d’objet ressemblant à un violon!”.
“Il s’en vend malheureusement beaucoup, certains acheteurs ayant le sentiment de faire une bonne affaire. Acheter bon marché, ça revient toutefois cher quand c’est du jetable”, remarque-t-il.
“Les prix peuvent créer une incitation pour les débutants, mais si vous jouez sur un instrument de piètre qualité, vous allez vous décourager”, note aussi Loïck Soulas, délégué de la Chambre syndicale de la facture instrumentale (CSFI), qui chapeaute les 300 à 350 ateliers français de lutherie.
Un violon chinois peut toutefois en cacher un autre. Derrière les produits bas de gamme fabriqués à la chaîne arrivent en effet de plus en plus de violons d’étude de bien meilleure qualité. Des instruments pour débutants proposés à partir de 500 euros - après révision par un luthier - contre près de 1.000 euros pour un équivalent français.
“Sur le créneau des entrées de gamme pour violons d’étude, ils sont devenus quasiment imbattables”, reconnaît Gilles Braem, qui vend lui-même parfois des produits chinois à des élèves après avoir changé quelques pièces au passage.
Une progression globale des violons chinois confirmée par Pascal Camurat, président du Glaaf exerçant à Montpellier: “Sur la quantité, il y a forcément des artisans chinois qui émergent et qui arrivent à des qualités se rapprochant de ce que nous pouvons faire, et à des prix moindres”, reconnaît-il.
Faute d’étude chiffrée, actuellement en cours selon la CSFI, aucune donnée ne permet de mesurer précisément la part occupée par les instruments chinois en France.
“Pas de pessimisme!”, s’exclame le luthier héraultais. “Cette concurrence nous pousse à être meilleurs pour nous démarquer, notamment en nous appuyant sur la tradition et le savoir-faire français comme vecteur d’amélioration. Ce n’est pas gagné, bien sûr, mais je crois vraiment que le niveau moyen des luthiers français ne cesse encore de s’améliorer”, estime-t-il.
Le Girondin Gilles Braem met quant à lui l’accent sur l’importance des “échanges” avec les clients. “C’est en informant les gens qu’on restaurera une bonne consommation, pas en demandant des subventions”, explique-t-il. Un contact direct indispensable, selon lui, pour “faire écouter” la différence.
Source
lematin.ch - site d’information Le Matin




4 décembre 2008 à 0:54
Oui, ce sont sûrement des violons jetables à ce prix: on joue une fois dessus, puis poubelle!
Reste que comme dans d’autres domaines, les asiatiques font des progrès de plus en plus fulgurants: les voitures japonaises ont mis 30 ans pour arriver à un niveau de dynamique routière et sécuritaire semblable aux Européennes, les Coréennes, 20 ans, et les Chinoises n’en mettront que 10, paraît-il.
Il en va de même des instruments de musique, et du reste… Quand ils ne nous dépassent pas purement et simplement…
4 décembre 2008 à 21:44
A choisir, comme cadeau de Noël, mieux vaut alors se rabattre sur ceci : http://www.windymorning.com/1-,-4-53-Idees_Cadeaux-mini_violon_electronique.htm
4 décembre 2008 à 22:57
…instruments de musique, automobiles, électroménager, matériel hi-fi : vous ne trouverez pas de marque asiatique chez moi. Ni pour mes vêtements, ni pour ceux de mes filles, ni pour leurs jouets : si je vois “made in China”, je n’achète pas.
Rouler en japonaise (ou bientôt en chinoise), et pleurer sur nos usines qu’on ferme, ça s’appelle de l’hypocrisie (et du double discours).
4 décembre 2008 à 23:24
Que les Européens fassent alors aussi bien qu’eux: J’ai eu deux bagnoles européennes: PLUS JAMAIS!!
Ma prochaine sera asiatique! Et ma prochaine clarinette sera peut-être japonaise, puisque la qualité des”grandes” marques n’est plus du tout ce qu’elle était!!
Et si ce sont les états d’âme qui vous poussent à ne pas acheter asiatique, je vous rappelle ceci: VW est une marque voulue et conçue par les nazis (F. Porsche était un sympathisant). BMW et Mercedes sont des marques qui ont activement collaboré avec ces mêmes nazis.
Mais les Alliés ont préféré garder ces marques pour des questions de fric. Opel est une marque condamnée dans un passé proche pour espionnage industriel, au détriment d’un autre constructeur européen, et j’en passe…
Sachez que beaucoup d’usines japonaises se trouvent en Europe et que les Européens, eux, délocalisent de plus en plus souvent en dehors de notre continent. Alors, acheter européen pour soi-disant conserver nos emplois, c’est extrêmement réducteur, et plus du tout d’actualité. Vous êtes 20 ans en retard, Monsieur PDC. Et puis vous faites des amalgames grossiers: les produits japonais n’ont rien à voir avec les produits chinois: ceux-ci sont pour l’instant de très médiocre qualité, tout le contraire des Japonais (et de certains Coréens). Moi j’ai l’esprit ouvert et le “prestige” d’une marque m’importe peu, ce qui compte, c’est la qualité. Si les Européens veulent que l’on achète leurs produits, qu’ils fassent aussi bien que les asiatiques (Japon et Corée, pas encore la Chine, donc) en terme de fiabilité et de rapport qualité/prix, et qu’ils cessent de délocaliser leur usines à tout va!!!
4 décembre 2008 à 23:30
Encore un mot: mes appareils éléctro-ménagers sont européens, et je peux vous dire que là aussi, la qualité fait défaut. Pour le même prix, je préfère les produits japonais et coréens (pas tous), j’ai plus confiance en leur fiabilité. Je n’ai jamais regretté un produit asiatique, tout le contraire des européens. Seule les toutes grandes marques très chères (et encore, ce n’est pas toujours vrai) peuvent rivaliser, mais ce n’est pas pour mon petit salaire…
5 décembre 2008 à 11:10
C’est vrai, je l’avoue, j’ai déjà vu des produits Philips fabriqués en Asie, et également d’autres marques européennes qui délocalisent la production dans le Sud-Est asiatique. C’est vrai aussi que Toyota a implanté une usine dans le nord de la France. On a de plus en plus de mal à s’y retrouver (globalisation, mondialisation) et on n’est sans doute jamais sûr à 100% qu’en achetant une marque européenne, le produit aura(it) bel et bien été fabriqué dans l’Union Européenne. Mais il reste ceci: Un produit fabriqué en Asie, de grande qualité ou non, c’est un produit qui n’a pas été fabriqué en Europe. Et, à qualité égale, je préfère alors acheter européen, même si c’est un peu plus cher (mais pas toujours!!). En tous cas j’essaie, car ce n’est pas toujours possible (p.ex. quand le différentiel de prix, comme le dit Lel, est insupportable pour les salaires de prof d’académie! : OK). Aucune question de prestige là-dedans : une question d’emplois, et parfois aussi de conditions de travail.
Je suis peut-être 20 ans en retard, mais Porsche et les nazis, c’était il y a 70 ans…; tandis que les produits asiatiques de maintenant, c’est maintenant et ça nous concerne très directement, et nos enfants. J’apporte simplement ma petite pierre en sachant que c’est une infime demi-goutte d’eau dans des océans. C’est juste une question de cohérence personnelle mais je suis peut-être trop rigoriste là-dessus. Qu’il soit rassuré : Je respecte intégralement l’opinion de Lel !
5 décembre 2008 à 11:34
…Pour en revenir un peu à la musique et aux instruments de musique, je peux donner mon opinion au sujet des bassons. La patrie des bassons, c’est l’Allemagne. Les meilleurs instruments, d’hier et d’aujourd’hui, sont fabriqués dans ce pays: Püchner, Walter, Heckel, Moosmannn, sont des marques de référence. Ces instruments ont un certain prix.
Il y a deux autres marques non-allemandes d’une qualité indiscutable : Fox (américain), et Yamaha (japonais).
Les Yamaha, aujourd’hui (je dis bien aujourd’hui, car au début…) sont convaincants, mais ne surclassent pas, à mon humble avis, les grandes marques précitées. Et, question prix, ils sont loin d’être beaucoup moins cher.
5 décembre 2008 à 13:15
Oui, tout cela est exact. Les produits japonais ne sont pas nécessairement moins chers, mais ils restent supérieurs en termes de fiabilité, garantie et service après-vente.
A propos du passé chargé des marques automobiles allemandes, c’est un fait que tout ceci s’est passé il y a plus de 60 ans, mais je voulais simplement mettre en exergue la comparaison “morale”. Ceci dit, il y a encore des familles au passé nazi qui restent d’importants actionnaires de certaines marques (mais qui renie heureusement, du moins je le suppose, ce passé) et certains dirigeants très liés avec ces familles. Mais bon, ce n’est pas pour cela que je ne vais pas acheter ces produits.
Quant à mes clarinettes, j’ai toujours acheté des marques forcément françaises, mais il se pourrait bien, si la sonorité me plaît, que je passe à Yamaha…
5 décembre 2008 à 16:52
ok mais si les asiatiques sont supérieurs,c’est grâce à qui à la base?
A la culture Européenne!
5 décembre 2008 à 18:13
Je ne pense pas que l’on puisse parler ici de “culture”, mais plutôt de savoir-faire. Le mythe du Japon copiant les occidentaux n’est pas faux, mais ils ont été extrêmement créatifs eux aussi, et avec dans les deux cas des méthodes de production autres que les nôtres. Car s’il est vrai que l’on tend de plus en plus vers une uniformisation de la qualité, des différences demeurent encore…
5 décembre 2008 à 19:30
Malheureusement, en ce qui concerne les violons, les instruments de prestige tels Stradivarius, Guarneri etc. ne sont pas prêts d’être réalisés ni par des européens, ni par des chinois ou japonais ou coréens ou…
Je pense qu’en Europe, on a actuellement, au niveau des artisans luthiers, un soucis de qualité qui surpasse les attentes de Mr. et Mme Toulemonde. Sur les violons chinois, il n’est absolument pas choquant d’avoir des entailles de cordes (sur le chevalet) espacées inégalement.
Pour avoir eu aussi à tester des violons roumains (Hora), pour un prix 8 fois supérieur au violon ci-dessus, on a toujours un qualité de son détestable (mais là, les cordes sont assez bien espacées et certains détails de montage plus soignés).
Personnellement, je ne retrouve pas la qualité des violons japonais d’il y a une quinzaine d’années, mais le prix de ceux-ci n’était certes pas 49,90 euros.
Juste, question voitures, il faut tout de même souligner que la construction d’instruments relève de l’artisanat (en principe), qui ne reproduit pas nécessairement le schéma du montage industriel. L’instrument est unique et dépendant entre autres de la qualité du matériel, le bois, lui aussi unique de par le tissage de ses fibres et noeuds. Voilà pourquoi il est pour moi peu aisé de comparer ces deux domaines.
5 décembre 2008 à 20:07
C’est sûrement vrai pour les cordes. Par contre, dans les instruments à vent en tout cas, les Japonais font des saxos et clarinettes remarquables, qui s’ils n’égalent peut-être pas encore tout-à-fait les européens (quoique), le seront sans doute dans peu de temps. Mais c’est vrai que ceux-ci sont fabriqués le plus souvent industriellement.
Mais gardons-nous bien de parler de “culture”, car le savoir-faire et la culture sont deux choses distinctes, même s’ils peuvent se rejoindre.
Attention donc de ne pas affirmer que notre culture européenne est supérieure à celle des autres! Rien ne nous le permet.
5 décembre 2008 à 20:18
Encore une petite chose: ce n’est pas parce que beaucoup de vents sont fabriqués industriellement qu’ils sont tous pareils. Les différences entre modèles identiques sont aussi nombreuses que le nombre d’instruments.
5 décembre 2008 à 21:49
Le savoir-faire se transmet, la créativité et la réflexion personnelle de l’artisan est unique, mais tout cela ne nous fera pas oublier qu’il y a un seuil de prix au-deçà duquel, on ne pourra clairement plus descendre…
6 décembre 2008 à 13:04
Oui, la qualité aura toujours un prix, ce qui n’est que normal…