Kremer/Maisky ou Oistrakh/Rostro dans le Double de Brahms ?
Johannes Brahms (1833 - 1897) a écrit ce “double” concerto pour violon, violoncelle et orchestre en 1887, alors qu’il avait initialement l’intention d’écrire un concerto pour violoncelle pour son ami Robert Hausmann. La petite histoire veut que la partie de violon soit dédiée à son ami de longue date, le violoniste Joseph Joachim, avec lequel il s’était accroché à l’occasion de son divorce (il avait pris la défense de son ex-femme). Voici donc comment Brahms détourne cette oeuvre dans un but de réconciliation.
Johannes Brahms - Double Concerto pour violon et violoncelle op. 102
(troisième mouvement : Vivace non troppo)
Gidon Kremer, violon - Mischa Maisky, violoncelle
Leonard Bernstein, direction - Wiener Philharmoniker
Johannes Brahms - Double Concerto pour violon et violoncelle op. 102
(troisième mouvement : Vivace non troppo)
David Oistrakh, violon - Mstislav Rostropovich, violoncelle
Kirill Kondrashin, direction - Moscow Philharmonic
28 novembre 2008 à 12:59
Je trouve la version Kremer/Maisky plus légère, plus raffinée, et aussi techniquement plus propre, mais Oistrakh et Rostro en donnent une plus passionnée et engagée. Mais c’est un peu plus brut de décoffrage, Rostro ne joue pas toujours très juste, et j’aime moins leurs articulations.
Mais ça reste évidemment tous les 4 des merveilleux musiciens.
A noter la prise de son du premier, plus détaillée quant aux dialogues avec les différents instruments de l’orchestre. Question orchestre, je préfère la version de Kondrashin, Bernstein étant un rien caricatural par moment.
1 décembre 2008 à 22:35
…Bernstein, “caricatural par moments”: c’est sa signature! Il ne fait jamais les choses à moitié quand il dirige une oeuvre. Toujours dans Brahms, écouter p.ex. son intégrale des symphonies avec le Philharmonique de Vienne: Pathos romantissime garanti. Ecouter aussi sa version du Requiem de Mozart!(1989, Deutsche Grammophon, avec l’Orch. de la Radio Bavaroise): tempi lents, granitiques, et vision assurément romantique de l’oeuvre, les puristes hurlent. Bien sûr c’est pas Böhm, mais ça a du goût… (bon goût?, c’est une autre -et vaste!- question!).
Pour en revenir au double concerto: je vote Kremer/Maisky/Bernstein… tout autant pour les violonistes que pour le chef d’orchestre. Comme le dit parfaitement Lel : tous les 4 sont de merveilleux musiciens (je dirais même tous les 6, avec les chefs d’orchestre!)…
2 décembre 2008 à 23:04
Merci pour ces commentaires éclairés! Personnellement, j’ai également un faible pour la première version.
3 novembre 2009 à 19:16
Oistrakh FOREVER