Le Stradivarius “Lipinski” de retour sur scène

7 novembre 2008 par Eli

strad_lipinski.pngFrank Almond, concertmaster du Milwaukee Symphony Orchestra, est l’heureux violoniste qui joue depuis peu le fameux Stradivarius “Lipinski”. Ce violon, qui n’a plus été entendu du public depuis plus de vingt ans, vient d’être redécouvert  à Milwaukee (Wisconsin).

[ A l’heure actuelle, il reste moins de 700 instruments d’Antonio Stradivari (1644-1737), instruments très prisés en raison de leur artisanat, leur signification historique, leur puissance acoustique et leur clarté sonore. ]

Le Stradivarius “Lipinski” a été construit en 1715 à Crémone (Italie) au cours de “l’âge d’or” de Stradivarius (entre 1700 et 1720). Il tient son nom du célèbre violoniste du 19e siècle Karol Lipinski (un élève de Niccolo Paganini), qui fut propriétaire de l’instrument jusqu’à sa mort en 1861.

 

“1715 est l’épicentre absolu de la meilleure production de l’atelier Stradivari”, explique Stefan Hersh, président de Darnton et Hersh. “Bien que tous les instruments du grand maître Antonio Stradivarius soient magnifiques, les violons construits d’après un moule large (comme le Lipinski),  sont généralement considérés comme  ceux au son le plus héroïque. Le Stradivarius “Lipinski” est donc l’un de ces exemplaires les plus prisés des Strads (il a une facture exceptionnelle, un son énorme combiné à une large palette de couleurs sonores).”

L’histoire des premières années de vie de l’instrument demeure incertaine. Le premier propriétaire connu  semble avoir été le violoniste et compositeur italien Giuseppe Tartini (1692-1770).
En 1962, le Lipinski est vendu à Richard Anschuetz, un pianiste de New York, qui l’offre à sa femme, la violoniste prodige Evi Liivak (estonienne), avec laquelle il se produit en concert (depuis les années 40 jusqu’à la fin des années 1980). Depuis lors, le violon n’a pas été entendu en public…
Fin avril 2008, le propriétaire actuel du Lipinski (qui désire rester anonyme) contacte Frank Almond par e-mail afin d’être conseillé dans l’estimation et la vente éventuelle de l’instrument. Almond est curieux, sachant que cet instrument a «disparu» depuis un certain temps déjà. Il contacte Hersh et  examine entre-temps avec le propriétaire du violon  les documents associés à l’instrument (de Mr. Anschuetz et Mme Liivak). Il  rencontre ensuite le propriétaire de l’instrument en compagnie de Hersh pour examiner l’état du violon et confirmer son authenticité.

Après quelques ajustements mineurs, l’instrument est prêt pour le concert (le propriétaire du Lipinski a généreusement prêté l’instrument à Almond). Il pourra être entendu lors de la saison du 50e anniversaire du Milwaukee Symphony Orchestra. Almond s’est produit pour la première fois avec l’instrument au cours du concert de gala donné par Itzhak Perlman avec l’OSM (le 18 septembre dernier). Il apparaîtra au premier plan les 1 & 2 mai 2009 lorsqu’Almond jouera le  Concerto pour violon n° 1 en sol mineur de Max Bruch avec le chef d’orchestre Andreas Delfs (et le Milwaukee Symphony Orchestra).

 

 

“Il m’est impossible d’exprimer la gratitude que je ressens à être abilité à jouer ce violon extraordinaire, en particulier compte tenu de son pédigrée”, explique Frank Almond. “Je suis toujours étonné de la façon dont s’est déroulée cette histoire, un véritable conte Red Violin, sauf qu’ici tout est vrai.”

 

Sources
mso.org - site du MSO (Milwaukee Symphony Orchestra)

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12 commentaires

  1. Par eleina

    en + il lui est prêté gracieusement?!
    wouaw..quel veinard!…..

  2. Par PDC

    ah, dans le concerto de Max Bruch… J’aime énormément ce grand concerto romantique (peut-être un rien trop romantique pour Lel?). On ne l’entend plus guère, de nos jours (le concerto de Bruch, hein ! , pas Lel ! ).
    …Si le Lipinski = “Puissance acoustique + clarté sonore + son héroïque”, ce sera parfait : c’est tout ce qu’il faut pour jouer ce concerto…

  3. Par PDC

    …Et là, je suis en train de le ré-écouter, ce concerto de Bruch en sol mineur (= n° 1) op. 26. La dernière fois que je l’ai écouté remonte à longtemps déjà. Mon vénérable 33tours d’une qualité sonore ma foi fort comestible - en dépit de son âge et de son degré d’usure (j’ai dû recevoir ce disque vers mes 12 ans!) - offre donc à mes oreilles la version de Nathan Milstein, accompagné par l’Orchestre Philharmonia (Londres) dir. Leon Barzin. Un enregistrement de 1961 (stéréo, quand même, je vous rassure!).
    Du grand art : de la déclamation, du beau son (tant le violon de Milstein que l’orchestre).
    C’est beau…

  4. Par Lel

    Mais je le trouve très beau, ce concerto, Monsieur PDC! Je ne suis pas (encore) contaminé à 100% par l’atonalité (ça viendra). Il est vrai que l’on ne l’entend plus beaucoup. Pourtant, à une certaine époque, il était assez souvent joué.
    A propos de Lipinski, combien de temps Frank Almond pourra-t-il jouir de cet instrument? Le rendre après quelques années doit être un déchirement menant tout droit à la dépression!

  5. Par Eli

    Il est vrai que le Concerto en sol mineur tend à disparaître également de nos conservatoires. Mais que dire alors de la Fantaisie écossaise, ainsi que du Concerto pour violon n° 2 op. 44 …
    Rendre un violon est toujours un déchirement (c’est ce qui arrive tous les 4 ans au “gagnant” du Concours Musical Reine Élisabeth). Mais en général, on quitte un violon pour aller vers un meilleur. Ici, espérons pour Frank Almond qu’il le garde donc toute sa vie (même si on pourrait préférer le voir dans les mains d’un soliste international).

  6. Par Lel

    Il y a aussi son très beau concerto pour alto et clarinette, peu joué également, ainsi que la série des 8 trios pour les 2 précités et piano…

  7. Par Lel

    A propos de concertos pour violon que l’on n’entend plus guère, il y a aussi celui Barber. Et encore plus rarement joué: celui pour violoncelle, entendu ce midi sur musiq3.

  8. Par Eli

    Quelle chance donc de pouvoir jouir du double plaisir d’entendre un concerto qui n’est plus guère joué sur un instrument de cette qualité!

  9. Par traum

    Bjr, je voudrais savoir comment connaitre si un violon stradivarius est vrai ou faux. Entre quelle date stradivari les ont fabriqués réellement?Merci

  10. Par chercheur

    J’ai trouvé un violon avec une etiquette portant les inscriptions:
    Antonio Stradivarius Cremonenfis Faciebat anno.1721
    Je pense avoir un original intéressant, comment le faire expertiser ?

  11. Par Lel

    Un luthier pourrait déjà donner un avis, mais peut-être faut-il une étude poussée avec appareils high-tech?
    Qu’en penses-tu, Eli?

  12. Par Eli

    L’expert est toujours le luthier, qui vous indiquera la valeur exacte de l’instrument et authentifiera probablement son luthier (bâtisseur-constructeur).

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