Bach par Milstein, Heifetz et Ferras
Aujourd’hui, les Sei Solo – a violino senza Basso accompagnato de Johann Sebastian Bach (1685-1750) forment un des piliers du répertoire du violon, et sont jouées et enregistrées fréquemment. Elles furent composées par Bach en 1720, alors qu’il était employé à Cöthen, une période de sa carrière particulièrement fertile dans le domaine de la musique de chambre : outre ces Sonates et partitas, il y composa également les Concertos brandebourgeois, le Double concerto pour violon et les Suites pour violoncelle seul.
Voici trois versions du Preludio, premier mouvement de la Troisième Partita en Mi Majeur BWV 1006 de J.S. Bach. Nathan Milstein est un violoniste d’origine russe naturalisé américain, tout comme Jasha Heifetz. Christian Ferras est un violoniste français.
Preludio de la Partita en Mi Majeur BWV 1006 de Johann Sebastian Bach
Nathan Milstein (1903-1992)
Preludio de la Partita en Mi Majeur BWV 1006 de Johann Sebastian Bach
Jasha Heifetz (1900-1987)
Preludio de la Partita en Mi Majeur BWV 1006 de Johann Sebastian Bach
Christian Ferras (1933-1982)
Le Prélude
Le terme Prélude vient du latin : prae, « qui précède » et ludo, -es, -ere, « jouer ». C’était à l’origine un sorte d’improvisation faite par un artiste se préparant à jouer. Cela lui permettait à la fois de se mettre en doigts élégamment, ainsi que de vérifier l’accord de son instrument (important pour les instruments qui se désaccordent très vite, tels le luth). Le prélude est devenu dans le langage courant une introduction, quelque chose qui précède et annonce.
J.S. Bach était friand de préludes. Voir aussi le “Clavier bien tempréré” (24 préludes et fugues x2) ou les “Suites” pour violoncelle (chacune d’elles commence par un Prélude).
D’autres compositeurs, tels que Frédéric Chopin, Franz Liszt, Sergueï Rachmaninov, Claude Debussy, George Gershwin,… ont également composé des Préludes devenus célèbres.
Pour info
La troisième partita pour violon est également la quatrième suite pour luth, BWV 1006a.
Le prélude de la troisième partita est également utilisé par Bach dans les cantates BWV 29 et 120a.
Amusant
Aussi disponible en version marimba !
19 octobre 2008 à 1:53
J’aime bien la version de Milstein,, légère et enlevée, même si elle n’est pas parfaite. Celle d’Heifetz est la plus aboutie techniquement, mais son articulation reste assez sèche à certains moments.
Ce qu’en donne Ferras me plaît moins, un peu trop en dessous du tempo, et loin d’être du niveau des 2 autres. En outre, je n’aime pas son vibrato, qui ne convient pas du tout à cette pièce.
19 octobre 2008 à 11:30
La vidéo de Milstein est assez étonnante de par l’endroit où il est filmé… Impossible de connaître la source de cette vidéo (problème inhérent à youtube…) Ce n’est certes pas une prestation de concert, plutôt un échauffement en coulisses ?
19 octobre 2008 à 15:11
Oui, chez Milstein ça me semble plus aérien. Heifetz : une version “Mercedes-Benz”; irréprochable, ça trace, mais c’est peut-être un peu moins sensible. Je n’ai pas de problème avec le tempo de Ferras; des tempi bien à l’aise ne me dérangent pas (ah, les tempi de Furtwängler dans Wagner!), ils permettent souvent des versions plus déclamées. Et un petit vibrato de temps en temps : laissez-le vivre…
19 octobre 2008 à 22:59
Le plus rigolo, c’est que son vibrato n’est pas perceptible visuellement !
20 octobre 2008 à 0:38
Oui, c’est étrange, car on ne le distingue pas à l’oeil. Ceci dit, ce n’est pas le fait de vibrer qui me dérange ici (Heifetz vibre aussi), mais le type de vibrato qu’utilise Ferras dans cette pièce qui me plaît pas: trop présent, trop rapide…