Kogan ou Szeryng ?

24 septembre 2008 par Eli

Que d’émotions dans cette arrangement de la Danse Hongroise n°17 de J. Brahms, interprétée par Leonid Kogan (accompagnateur inconnu). Une superbe technique et un son magnifique, au service d’une intégrité musicale exemplaire. Son regard est intense et concentré.

Henryk Szeryng en donne une version assez différente. Dans la première partie, les glissandi  sont plus soulignés (un peu trop à mon goût) et dans la partie rapide, le discours est assez carré, en raison entre autres d’accents fort marqués.

Si tous deux furent d’admirables violonistes, ma préférence va nettement à la poésie et au raffinement de la première version, même si l’on peut être bien déçu de la qualité de compression du son de cette video. Archives russes ou qualité “youtube” ?

Et vous, quel est l’artiste qui vous a donné le plus de frissons, celui qui vous a vraiment convaincu ?

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6 commentaires

  1. Par PDC

    …Oui : Kogan un petit peu plus poétique… Mais il m’est impossible de départager les deux versions, dont l’excellence et l’implication transpirent à chaque mesure sous les doigts de l’un comme de l’autre…
    C’est l’effet-balancier : J’écoute la première, je me dis : magnifique. J’écoute la seconde, je me dis : extraordinaire. Donc… ben, je ré-écoute la première, je me dis extraordinaire aussi, puis la seconde, magnifique aussi,…
    Ce n’est pas souvent le cas quand j’écoute deux versions (ou plusieurs) d’une même oeuvre, mais ici, j’avoue, j’ai du mal : je les trouve convaincantes toutes les deux.
    Je connaissais Kogan, mais pas Szeryng (Que l’on m’excuse, je ne suis pas violoniste, mais “souffleur”…! )

  2. Par Emmanuel

    La sonorité et le jeu de Kogan sont plus denses que ceux de Szeryng (que je ne connaissais pas), mais le style est plus sobre, plus limpide, bien que plus dramatique. Toutefois, je le trouve parfois un peu rêche, et j’aurais aimé un rien plus de fantaisie.
    Quant à la version de Szeryng, très belle aussi, ses effets me semblent trop appuyés, notamment avec des ralentis un peu excessifs et des glissandi un peu trop marqués, en effet, mais la sonorité me paraît plus ronde, plus douce (mais on est peut-être induit en erreur par la prise de son très différente). Son style est sans doute un peu plus souple, mais aussi moins engagé.
    En résumé, j’apprécie les 2 versions de ces immenses musiciens, mais j’ai quand-même une petite préférence pour Kogan.

  3. Par Eli

    Henryk Szeryng (1918-1988) était un violoniste d’origine polonaise, devenu citoyen mexicain en 1946. Il fut élève de Carl Flesch, tout comme Ida Haendel, Ginette Neveu et Ivry Gitlis (pour ne citer que les plus célèbres).

  4. Par Emmanuel

    Merci Eli pour cette information sur Szeryng.

  5. Par Marc Tettiravou

    J’ai travaillé avec le Maître Szeryng. Un merveilleux musicien, érudit, avec une technique parfaite. D’autre part, j’allais écouter souvent Kogan à Paris bien sur car j’étais aussi admiratif de cet immense et génial violoniste. Leonid m’a dit un jour : ” J’adore les Bach de Szeryng”
    Il parlait bien sur des sonates pour violon seul. Heureusement que l’on a plusieurs interprétation d’une même oeuvre, surtout par des artistes fantastiques,car les éclairages sont différents et sont pleins d’enseignements.
    Marc Tettiravou.

  6. Par Eli

    Alors, vous serez certainement ravi ici :
    http://blog.zwatla.com/violon/2008/11/10/bach

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