l’écriture nomade
marcher
se taire
s’écrit
la chair
ce qui
nous marche
où rien
de terre
marcher
se taire
s’écrit
la chair
ce qui
nous marche
où rien
de terre
la page qui écrit
le monde et qui contemple
l’amour et l’aimer
entre
le chemin fragile
entre joie
et exil
nous nous tentons ce monde
ce monde qui nous tente
et entre nous
le monde
cela
que rien ne tente
cela qui nous est monde où plus rien ne nous hante
“Ca sent la neige.” Mon grand-papa Emile disait “j’ai froid dans les os”; et la neige venait. Comme vient au travers de nos os ce qui nous est étoiles, qui à travers le sang, à travers le cœur nous habille de chair.
Ce matin, un court instant, la pluie s’est transformée en flocons.
Je me souviens de mon émerveillement tout môme, à ma première neige. La regardant, j’étais certain comme on peut l’être marmot que la nuit suivante, il n’y aurait plus aucune étoile au ciel. Vous devinez ma surprise !
L’infini à portée du regard, de ce regard qui pleure beau, de ce regard qui pleure cœur.
Et quelques larmes, d’eau et de sel, dans cette neige qui nous en-ciel.
* * *
Ton sang est feu, et il neige dans tes yeux.
Tu sangre es fuego y en tus ojos nieva.
Antonio Porchia – Voix abandonnées
* * *
à Antonio Porchia
dans ses yeux
des flocons
et de neige d’étoiles
dans ses yeux
tout le feu
qu’il neige dans nos étoiles
Tu sangre es fuego
en sus ojos
copos
y nieve de estrellas
en sus ojos
todo el fuego
que neva en nuestras estrellas
Luc-André Rey
traduction de Daniel González Dueñas
Je vous souhaite à tous beaucoup d’étoiles, beaucoup de feu !
Luc-André
une flamme,
dont on ne sait l’éclat
et de se la tenter cette flamme nous aveugle
trace mondes ses chemins qui ne sont que cette flamme
que nous savons marcher malgré nous aveuglés
au tout premier regard
tous nos temps disparaissent
au tout premier regard
et ces temps disparus
il suffit d’un regard
d’un regard oublié
aussitôt nous transpercent
et un doute,
au regard
au tout premier regard
aimer est d’un autre âge
d’un âge où nous savions d’un haut fond d’innocence
l’ardeur
la légèreté
une simple caresse
un sourire commun
aimer est d’un autre âge
d’un âge où nous osons
ce monde
notre tendresse
une seule nous met au monde
nous porte dans son corps
nous offre de sa chair
la première de nos mères
et tant nous sont au monde
qu’on se tente cette mère
cette mère,
la seule
qui saura, notre monde
notre âme
l’oser chair
- l’inspiratrice -
entre terre et soleil
le cœur est vagabond
il est
ce papillon
l’abeille
l’épervier
les trois
dans le même temps
et les trois,
différents
j’ai lu
j’ai oublié
j’ai essayé
perdu
tenté
de retrouver
quelques traces
ces chemins
de ces chemins
d’aimer
d’avant
là
ce chemin
où je dois réapprendre
d’elle,
le chemin d’aimer